POUR PROGRESSER ENSEMBLE

L’Entente 2012-2016 – Quel bilan ?

Il y a un peu plus de quatre ans un premier groupe se formait qui allait ensuite devenir l’Entente Saint-Blaisoise, la troisième formation politique de la commune. Le déclencheur de l’appel des initiateurs publié sur le BulCom et de l’intérêt qu’il a suscité a sans doute été le scandale des malversations et dysfonctionnements vécu à ce moment par la commune de Saint-Blaise. Mais aussi l’envie d’une politique locale différente du conformisme pratiqué par les partis en place et plus proche des vrais besoins des habitants et de la société civile, sous la devise « Ensemble pour changer ».

Le premier succès de l’Entente a été obtenu par le seul fait d’exister. En effet le nombre total de candidats présenté par PLR et PS aux élections communales de 2012 était de 41, égal au nombre de sièges. Sans la liste de l’Entente, il n’y aurait donc pas eu d’élection populaire à Saint-Blaise mais seulement tacite.

Aux élections la liste de l’Entente a obtenu 20% des voix, huit sièges au Conseil général et ensuite un siège au Conseil communal. Partant de rien, cela a impressionné dans la vie politique locale, mais ensuite il n’a pas été aisé de faire valoir ce support populaire dans les institutions. Dès la première séance du Conseil général, la demande d’une commission d’enquête communale sur les dysfonctionnements de la commune – qui était un des points du programme de l’Entente, a été refusée par les deux autres partis. Il y a toutefois eu une suite quelques mois plus tard, avec l’affaire du « huis-clos », quand le Conseil communal a demandé une séance du Conseil général fermée au public pour présenter son rapport sur les dysfonctionnements. Alors que les conseillers de l’Entente ont refusé ce huis-clos, ceux du PLR et PS l’ont approuvé. Leur décision a été attaquée par l’Express dans un éditorial d’une rare dureté et également désapprouvée par le chef du service des communes de l’Etat.

En 2012 la situation financière de la commune semblait très mauvaise. Le déficit des comptes 2011 dépassait le million de francs, particulièrement à cause des provisions imposées par la découverte des malversations, et le Conseil communal, appuyé par le PLR et PS a voulu augmenter l’impôt communal de 10%. L’Entente considérait qu’avant de demander un effort à la population, les élus devaient d’abord explorer toutes les possibilités raisonnables de nouvelles recettes et d’économies. Elle s’est donc opposée, tout en cherchant d’abord des compromis au sein de l’exécutif. Et même après avoir récolté près de 800 signatures, l’Entente a proposé en vain au Conseil communal de retirer le référendum s’il était d’accord de revoir le budget pour éviter ou limiter l’augmentation.

Ensuite l’augmentation des impôts a été refusée par le peuple avec près de 65% des voix. Aujourd’hui la commune de Saint-Blaise n’a pas de problèmes financiers et le compte de fonctionnement 2015 a même clôturé avec près d’un million de bénéfice.

Les questions de l’environnement et de l’énergie étaient également au cœur du programme de l’Entente. Toutefois une motion pour que Saint-Blaise se joigne aux autres communes de la région en opposition au projet de nouvelle centrale à gaz de Cornaux a été refusée par la majorité PLR et PS. Là aussi la réalité nous a donné raison, puisque ce projet est ensuite tombé pour ses propres défauts.

Par la suite, quand la commune a délégué à la société Eli10 SA la commercialisation de l’électricité aux usagers privés, ce qui a provoqué une augmentation injustifiée des tarifs pour les habitants de Saint-Blaise, l’Entente a fait un recours à l’ELCOM (Commission fédérale de l’électricité). Ce recours est toujours en attente de décision, la décision de l’ELCOM étant suspendue à la solution de problèmes juridiques sans rapport direct avec la question.

Le résultat du référendum fiscal de 2013, mal vécu par le PLR et PS, avait malheureusement tendu ultérieurement les relations avec ces autres partis, et cette situation a commencé à peser aussi sur le fonctionnement du Conseil communal. La notion de collégialité tendait à y être interprétée comme la simple affirmation de la majorité, et notre Conseiller communal s’est vu de plus en plus minorisé aussi sur les dossiers de son propre dicastère. En mars 2014 il s’est vu obligé de démissionner lors d’un épisode où les autres conseillers communaux ont décidé, à son insu et sans réflexion collégiale, l’adjudication d’un contrat du ressort de son dicastère à une autre entreprise que celle qui était la moins chère et avait été précédemment sélectionnée. Dès lors l’Entente n’a plus été représentée au Conseil communal.

Malgré cet incident, durant toute l’année 2014 l’Entente a continué de chercher un terrain programmatique commun avec les autres partis. A son initiative un groupe inter partis s’est réuni plusieurs fois, un des objectifs étant d’amener le Conseil communal à formuler un programme de législature. Mais malgré l’accord de principe du PLR et PS à ce sujet, le Conseil communal n’a pas donné suite.

Un des projets dans lequel plusieurs membres de l’Entente s’étaient particulièrement engagés était le nouveau collège de Vigner.  Un groupe de travail de l’Entente y avait aussi fait des propositions pour des améliorations au niveau fonctionnel et urbanistique.  Rappelons qu’il était prévu en 2014 que le nouveau collège soit inauguré à la rentrée 2017.  Malheureusement dans ce cas, l’effort n’a pas payé, le Conseil communal s’étant embourbé dans l’attribution des mandats d’études.  Tout le projet a été de fait renvoyé à une date toujours inconnue. Le montant attendu du crédit de construction était encore bien inscrit au budget 2015 de la commune ; il a toutefois disparu du budget 2016 et ne se trouvait aussi pas dans le budget 2017 de fusion de l’Entre-deux-Lacs, ce que l’Entente a déploré fortement.

L’activité de l’année 2015 a été essentiellement dominée par la question de la fusion des communes.  Sur un tel sujet comportant de multiples aspects politiques, techniques et aussi émotionnels, l’Entente a toujours prôné la plus grande liberté d’expression en son sein et vers l’extérieur.  Cependant un point commun de notre réflexion a été la demande d’ancrer la fusion des communes à une vision générale des besoins de la société civile en services et infrastructures et à un inventaire des projets en cours.  L’opinion des membres de l’Entente, malgré plusieurs réflexions critiques, était globalement assez favorable au premier projet de fusion de l’Entre-deux-Lacs, mais était beaucoup plus partagée sur l’opportunité de la dernière proposition sans Le Landeron, qui a été finalement refusée par le peuple de Saint-Blaise.

Tout au long de ces quatre années l’Entente a posé de nombreuses autres questions et sujets de réflexion lors des séances du Conseil général et des commissions.  Parmi les plus marquants : l’absence d’un bilan transparent des biens de la commune, l’assainissement du compte de fonctionnement du port, le danger d’inondations dans une partie du village, la problématique des déchets, l’état du téléréseau, la qualité du réseau électrique et la promotion de l’énergie solaire.

Probablement la question que l’Entente a posée le plus fréquemment était celle de savoir, lors de chaque demande de crédit, si des appels d’offres compétitives étaient bien prévus et effectués.  La transparence des actes et des dépenses de la commune est en effet au cœur de notre réflexion pour une amélioration de l’efficience du service public.  Notre commune doit faire appel dans beaucoup de domaines à des prestataires de service externes, dont certains sont souvent en position de monopole, et un contrôle des coûts devient difficile sans une claire volonté politique de transparence.

Un bilan exhaustif de ces quatre années de l’Entente Saint-Blaisoise n’est pas aisé au vu du nombre et de la diversité des questions qui ont été soulevées et des problèmes de la commune.  Nous le laissons volontiers aux citoyennes et citoyens de Saint-Blaise.  Il nous semble toutefois qu’on puisse en tirer deux conclusions principales :

L’Entente a eu globalement un effet positif sur le fonctionnement de la commune.   A part le fait d’avoir éviter une forte augmentation d’impôts qui était erronée et injustifiée, la présence de l’Entente a obligé les autres partis et le Conseil communal à remettre en question certaines habitudes qui avaient dans un passé récent dégénéré en graves dysfonctionnements. Le progrès est particulièrement sensible dans l’organisation et le travail de l’administration communale, bien qu’il y aie toujours de la place pour des améliorations.  Par contre, le déséquilibre dans la répartition du pouvoir entre le Conseil communal, le Conseil général et les commissions reste un problème dont on ne sort que timidement.  Cela dit, même si nous ne prétendrons pas que l’Entente en ait le seul mérite, on peut sans doute affirmer que la commune de Saint-Blaise se porte mieux en 2016 qu’elle ne l’était en 2012.

Toutefois, on a pu à maintes reprises constater qu’une représentation de 20% est insuffisante pour agir constructivement et obtenir des résultats rapides quand cela va à l’encontre d’habitudes établies.  En principe la présence d’un troisième parti aurait dû dynamiser la vie politique communale, en permettant des majorités variables et différentes selon les sujets.  Malheureusement, l’alignement quasi constant du PS saint-blaisois sur le PLR n’a pas permis ce type de jeu politique.  Egalement la tendance de ces deux partis à se prononcer en bloc sur les sujets importants, comme encore dernièrement sur la fusion, a sans doute limité l’efficacité des débats et la recherche de compromis.

Aux électrices et électeurs de décider prochainement s’ils souhaitent ou non renforcer l’Entente Saint-Blaisoise pour de nouveaux défis et dans l’intérêt de nos habitants.

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